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Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Adresse : place Shahidlar Xotirasi, rue Amir Temur, quartier de Yunusabad, Tachkent
Horaires : du mardi au samedi – 09h00–17h00 ; dimanche – 09h00–15h00 ; fermé le lundi.
Pause déjeuner : 13h00–14h00
Téléphone : (+998 55) 515-37-15

 

Le Musée des victimes de la répression politique de Tachkent se trouve à l’intérieur du complexe mémorial Shahidlar Xotirasi, sur un site où les autorités soviétiques ont procédé à des exécutions et à des inhumations secrètes dans les années 1930.

L’exposition commence avec la conquête russe de l’Asie centrale dans la seconde moitié du XIXe siècle et retrace l’histoire de la répression politique à travers la période soviétique jusqu’aux efforts actuels pour préserver la mémoire des victimes. Des écrivains, des scientifiques, des personnalités publiques et des fonctionnaires figurent parmi ceux dont les histoires sont présentées à travers des objets originaux, des panneaux interactifs, des projections vidéo et des installations multimédias.

Informations Pratiques

Première Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

  • Le musée se situe dans le quartier de Yunusabad à Tachkent, à proximité de la tour de télévision de Tachkent. La station de métro la plus proche est Bodomzor, à environ 15 minutes à pied.
  • L’entrée pour les visiteurs étrangers coûte 80 000 soums (environ 7 dollars). La photographie et l’enregistrement vidéo à l’intérieur du musée font l’objet d’un supplément, y compris avec un téléphone portable.
  • Des visites guidées individuelles et en groupe sont proposées en ouzbek, en russe et en anglais moyennant un supplément.
  • La plupart des textes explicatifs dans les salles et sur les panneaux d’exposition sont uniquement en ouzbek. Des informations en anglais sont disponibles via des QR codes.
  • L’exposition est relativement compacte. Comptez environ une heure pour parcourir les trois salles sans vous presser, sans compter le temps de la promenade sur le site du mémorial.

Complexe Mémorial Shahidlar Xotirasi

Complexe Mémorial Shahidlar Xotirasi, Tachkent

Le musée fait partie du complexe mémorial Shahidlar Xotirasi, qui s’étend sur environ 17 hectares au bord du canal Bozsu. Le site comprend également un parc paysager et un mémorial central.

Au centre du complexe se dresse une rotonde ouverte, un pavillon commémoratif d’environ 27 mètres de haut dédié à la mémoire des victimes de la répression politique. Sous sa coupole turquoise se trouve une tombe symbolique.

Le bâtiment du musée se dresse légèrement en contrebas de la rotonde, plus près du canal. Construit dans les traditions de l’architecture ouzbèke, il est coiffé de deux coupoles bleues, avec un large aïvan en bois et des colonnes décoratives qui courent le long de la façade. Les portes massives sont ornées de fines sculptures et de carreaux de céramique bleue.

Exposition et Pièces Principales

Première Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Les trois salles couvrent la période allant de la seconde moitié du XIXe siècle à nos jours, de la conquête russe de l’Asie centrale et du mouvement djadid à la répression de masse de la période soviétique, en passant par les destins individuels et les efforts actuels pour préserver la mémoire des victimes. L’histoire est racontée à travers des objets originaux et des présentations multimédias.

Première Salle

La première salle contient la partie la plus vaste de l’exposition. L’éclairage est tamisé et une musique de fond discrète est diffusée en permanence.

L’exposition commence dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque l’Empire russe a progressivement établi son contrôle sur une grande partie de l’Asie centrale. Des documents, des armes de l’époque, des vêtements et des objets du quotidien sont exposés dans cette section.

La section suivante est consacrée aux djadides, membres d’un mouvement réformateur qui s’est développé en Asie centrale au tournant du XXe siècle. Ils ont ouvert des écoles appliquant de nouvelles méthodes d’enseignement, encouragé la littérature et les arts et défendu la modernisation de la société. Parmi les pièces exposées figurent des photographies, des premières éditions de journaux et des effets personnels de personnes réprimées par la suite. On y trouve notamment des livres et des lunettes ayant appartenu à Munavvar Qori, l’une des figures de proue du mouvement djadid. Il fut arrêté en 1929 et exécuté en 1931.

Première Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Au début des années 1930, la répression politique avait touché de nombreux représentants de l’intelligentsia ouzbèke, parmi lesquels le poète Mahmud Hodiyev, connu sous son pseudonyme Botu, et l’agronome Abduvahob Murodi. Leurs effets personnels, dont les vêtements de Botu et le microscope de Murodi, sont exposés au musée.

La répression a pris une ampleur particulièrement grande pendant la Grande Terreur de 1937–1938. Selon les chiffres officiels, environ 7 000 personnes ont été exécutées en Ouzbékistan au cours de ces deux années. Parmi les victimes les plus connues figuraient les écrivains Abdulla Qodiriy, Abdulhamid Cholpon et Abdurauf Fitrat, le linguiste et folkloriste Gozi Olim Yunusov, le journaliste Ziyo Saidov et d’autres représentants de l’intelligentsia ouzbèke.

L’une des pièces les plus marquantes de cette période est une GAZ-11-73 d’origine. Les véhicules de ce type étaient utilisés par le NKVD, l’organe soviétique des affaires intérieures et de la sécurité d’État, pour transporter les prisonniers et sont associés au fameux « corbeau noir ». Une projection vidéo sur un mur texturé placé devant le véhicule apporte un éclairage complémentaire à la présentation.

Deuxième Salle

Deuxième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

La deuxième salle, plus petite, est consacrée à la répression politique ultérieure au cours du XXe siècle. Des portraits, des photographies, des documents et des effets personnels racontent l’histoire de personnes persécutées par l’État.

L’une des présentations les plus mémorables est consacrée à Khudaybergen Devanov, largement considéré comme le premier photographe et cinéaste ouzbek. Au début du XXe siècle, il a photographié Khiva et, en 1910, il a réalisé le premier film documentaire ouzbek, qui a immortalisé le départ du khan de Khiva, Asfandiyar. Devanov fut arrêté en 1937 puis exécuté, avant d’être réhabilité à titre posthume en 1959. Des appareils photo anciens sont exposés aux côtés de documents sur sa vie et son œuvre.

Deuxième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Une section distincte du musée est consacrée à l’« affaire du coton » des années 1980. Elle a commencé comme une enquête sur les chiffres gonflés des récoltes de coton et sur la corruption en RSS d’Ouzbékistan, mais elle s’est peu à peu transformée en une campagne de grande ampleur qui a touché des milliers de personnes. À côté de véritables affaires de corruption, il y eut aussi des accusations infondées et des irrégularités de procédure ; certains dossiers ont été réexaminés par la suite. Le musée présente cette période à travers des photographies d’archives et des dossiers d’instruction.

Troisième Salle

Troisième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

La troisième salle se distingue nettement des deux premières : elle est plus lumineuse et plus spacieuse. L’exposition aborde ici la période de l’indépendance, la restauration de la mémoire historique et la préservation du patrimoine culturel de l’Ouzbékistan.

Cette partie de l’exposition présente principalement des photographies, des documents multimédias et des maquettes de constructions modernes ainsi que de monuments historiques et culturels d’Ouzbékistan. On y trouve notamment le Centre de Civilisation Islamique de Tachkent, ainsi que le complexe de l’imam al-Bukhari près de Samarkand et le complexe de Bahauddin Naqchbandi près de Boukhara.

Troisième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Parmi les objets exposés figure une clé symbolique remise à Tachkent en 2007, lorsque l’ISESCO a désigné la ville capitale de la culture islamique pour la région asiatique. À proximité se trouvent des objets bien plus anciens, dont des fragments originaux de la décoration extérieure de monuments architecturaux islamiques vieux d’environ 600 ans.

Que Voir au Musée

Dossiers d’Instruction de Qodiriy, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Examinez les dossiers d’instruction de Qodiriy, Cholpon et Fitrat. Tous trois furent des figures majeures de la littérature ouzbèke et furent exécutés le même jour, le 4 octobre 1938.

Abdulla Qodiriy, l’un des fondateurs du roman ouzbek et auteur des Jours passés, fut arrêté une première fois en 1926 après la publication d’un texte satirique, mais fut rapidement libéré. Il fut arrêté de nouveau à la fin de 1937, cette fois pour activité antisoviétique.

Cholpon fut l’un des principaux poètes ouzbeks de la première moitié du XXe siècle, ainsi que romancier, dramaturge et traducteur. Il fut critiqué à plusieurs reprises pour un prétendu « nationalisme » et arrêté en juillet 1937.

Abdurauf Fitrat était écrivain, savant et pédagogue ; il a travaillé dans les domaines de l’éducation, de la langue, de la littérature et de la musique. En 1937, il fut arrêté sous des chefs d’accusation qui comprenaient l’opposition au pouvoir soviétique et le « nationalisme ».

Des panneaux interactifs donnent accès à des documents d’archives, dont des actes d’accusation, des procès-verbaux d’interrogatoire, des décisions de justice et des condamnations à mort. Beaucoup de ces documents portent encore les signatures des accusés, des enquêteurs et des juges.

Au milieu des années 1950, les dossiers de tous les trois furent réexaminés et les accusations portées contre eux furent jugées infondées.

Des effets personnels sont également exposés, dont le doutar de Cholpon et des livres de Fitrat, parmi lesquels Mukhtasar Tarikhi Islom (Brève histoire de l’islam).

Said Rizo Alizoda, Première Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Parlez avec Said Rizo Alizoda. Né à Samarkand, Said Rizo Alizoda fut enseignant, journaliste et polyglotte : il parlait 14 langues. Il a fait découvrir les classiques russes aux lecteurs ouzbeks et tadjiks, traduit des œuvres de la littérature orientale en russe, compilé des dictionnaires et écrit des manuels. Il fut arrêté pour espionnage à la fin des années 1930 et passa les dernières années de sa vie à la prison centrale de Vladimir, où il mourut en 1945.

Un grand écran dans la première salle présente son avatar numérique. Les visiteurs peuvent poser des questions au micro et entendre les réponses sur sa vie et son œuvre en ouzbek, en russe, en tadjik ou en anglais.

Promenez-vous sur le site du mémorial. Des allées ombragées, des parterres de fleurs et des bancs offrent des vues sur la rotonde commémorative, les coupoles bleues du musée et la tour de télévision de Tachkent. L’une des plus belles vues se dévoile depuis la passerelle piétonne qui enjambe le canal.

Histoire du Musée

Deuxième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

L’emplacement du complexe mémorial Shahidlar Xotirasi n’a pas été choisi au hasard. Il se situe au bord du canal Bozsu, dans un secteur appelé Alvasti Kuprik, un nom généralement traduit par « pont du Diable ». Au début du XXe siècle, il s’agissait d’une zone peu bâtie à la périphérie nord de Tachkent. Dans les années 1930, elle a servi à l’exécution et à l’inhumation de victimes de la répression politique.

Des restes humains ont été découverts ici dès le milieu du XXe siècle, mais l’histoire du site a commencé à susciter une attention plus large à la fin des années 1980 et au début des années 1990, lorsque des témoignages de témoins oculaires ont été recueillis et des documents d’archives étudiés. En 1990, l’une des plus grandes fosses communes a été découverte lors de la construction d’un court de tennis près de la tour de télévision de Tachkent.

Troisième Salle, Musée des Victimes de la Répression Politique, Tachkent

Les travaux du mémorial ont commencé à la fin des années 1990. Tous les restes mis au jour sur le site ont été réinhumés dans des cimetières de la ville. Le 12 mai 2000, le complexe mémorial Shahidlar Xotirasi a été inauguré sur l’ancien lieu d’exécution, dans le cadre d’une initiative d’État menée par le premier président de l’Ouzbékistan, Islam Karimov. Il figure aujourd’hui au Registre national du patrimoine culturel matériel immobilier de l’Ouzbékistan en tant qu’œuvre d’art monumental.

Les efforts de commémoration des victimes de la répression politique se sont poursuivis et un musée distinct a été créé au sein du complexe mémorial. Il a officiellement ouvert ses portes le 31 août 2002.

Le musée d’origine était nettement plus petit, avec une seule coupole et une salle d’exposition d’environ 400 m². Il a été agrandi en 2008 : une deuxième coupole a été ajoutée et l’exposition a été réorganisée en trois salles d’une surface totale d’environ 960 m².

Le musée mène également des travaux de recherche : son personnel étudie des documents d’archives, enrichit la collection de nouveaux éléments et publie les résultats de ses recherches.

Une importante reconstruction a été achevée en 2026. L’exposition a été actualisée avec des panneaux interactifs, des documents multimédias et des installations modernes, et le musée a rouvert ses portes aux visiteurs.